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J’ai toujours eu une part de moi persuadée que rien n’était impossible et que tout pouvait être accompli ou obtenu à force de travail et de volonté. Inconsciemment j’avais donc fait grandir en moi une voix issue d’un croisement entre Jean-Claude Van Dam et Vin Diesel sur fond de pub Nike qui me répétait à chaque épreuve que la vie m’offrait « Your Only Limit is You ». Alors certes, cela m’a permis de me dépasser et de réaliser des prouesses personnelles comme passer d’une moyenne de math de 7 à 8 en première année de prépa ou réussir à arrêter de manger une demi boîte de Chocapic pour le goûter. Mais penser que nous n’avons pas de limite et que tout est à portée de volonté est une source d’anxiété majeure.

Nous croyons à tort que la volonté doit nous permettre de nous affranchir de toutes nos limites.

 

Croire que la volonté peut tout nous fait partir du postulat que nous sommes des demi-dieux capables de s’affranchir de toute limite du moment que nous le décidons. Le problème, c’est que ce principe est intrinsèquement anxiogène. Parce que cela nous pousse à comparer notre vie par rapport à ce qui pourrait être, plutôt qu’à ce qui est. “Si j’avais plus de volonté, je pourrais avoir un job, travaillé sur mon business plan, aller 5 fois par semaine au sport et arrêter de fumer”.

Le problème c’est qu’en t’attachant à ce qui pourrait être et en refusant d’accepter tes réalités -puisqu’en plus de te créer un corps de déesse grecque, tu dois travailler 10h par jour, passer 1h30 dans les transports, t’occuper de tes enfants, conserver ta vie sociale et dormir – tu vas commencer à t’autoflageller, à culpabiliser et à te traiter comme un gardien de goulag à base « t’es nulle », « tu sers à rien », « bouge-toi gros tas » dès que tu t’écarteras de ton programme.

Par conséquent, au lieu d’être dans une dynamique bienveillante où l’on accepterait ses contraintes, ses faiblesses, sa vulnérabilité et célébrerions ses progrèsnous nous inscrivons dans un schéma de frustration et de déception, partant du principe que nous devrions être parfaits et que chaque action déviante est un échec.

 

Pourtant, la volonté est une ressource finie qui doit être économisée.

 

Si vous vous retrouvez dans la description précédente et que vous avez des objectifs à atteindre, la première chose à faire pour vous donner toutes les chances de réussir est de faire un état des lieux ultra honnête de l’existant.

Comment organisez-vous votre temps dans votre journée ? A quel moment vous sentez-vous fatigué ? Qu’est-ce qui vous empêche aujourd’hui d’atteindre vos objectifs ? Quelles sont les contraintes dont vous ne pouvez pas vous départir ? Le but de cet exercice est de jauger VOTRE niveau REEL de ressources en temps, en argent et en énergie que vous serez en mesure d’allouer à votre projet.

Une fois que vous avez ces éléments en tête, vous pouvez entamer l’exercice le plus libéréedélivrée qu’il m’ait été donné de faire : celui des objectifs contradictoires issue des travaux du psychologue Baumeister. Il explique dans l’une de ses études que la volonté est une ressource finie. Ce qui signifie que vous disposez d’une certaine dose pour la journée pour toutes vos activités qu’elles soient professionnelles ou personnelles.

Dès lors, à partir du moment où vous posez le pied par terre pour sortir de votre lit, chaque action que vous entreprenez et qui demande ne serait-ce qu’un petit effort (que cela soit trouver vos clés, faire le small-talk dans l’ascenseur ou commander une salade plutôt qu’un cheeseburger) va venir puiser dans votre quota de volonté. Comme une voiture sans mazout, ça vous explique pourquoi quand vous rentrez chez vous le soir, vous êtes plus Netflix & Saucisson que Burpess & Brocolis.

 

Les objectifs contradictoires pour booster votre volonté.

 

Donc tant qu’on n’aura pas inventé le chargeur de volonté (coucou Elon Musk), voici ce que vous pouvez faire pour l’économiser et l’utiliser pour les projets qui vous importent. Commencez par faire une liste de tous les objectifs que vous souhaitez atteindre. Ensuite, sous chacun d’entre eux, notez les besoins en ressources dont vous devrez disposer pour les réaliser.

Puis, comparez cette analyse avec la précédente qui vous a permis d’évaluer vos ressources réelles en temps, argent et énergie. En faisant cela, vous verrez déjà se dessiner les objectifs qui demandent plus de ressources que vous n’en disposez et dont l’entreprise sera donc vouée à l’échec. Ça va un peu piquer mais éliminez-les de votre vie POUR L’INSTANT.

A ce stade-là, les objectifs qui ont réussi à passer le second tour vont se retrouver en compétition entre eux pour réussir à se faire une place dans votre vie. C’est là qu’entre en jeu la notion d’objectifs contradictoires. Par exemple, vous vous rendrez compte que votre projet de vous remettre au sport régulièrement et celui d’écrire votre livre ne sont pas compatibles, car ensemble, ils consommeraient plus de votre ressource temps que vous n’en disposez.

C’est alors à vous de définir le combo d’objectifs qui vous satisfera le plus, en adéquation avec vos contraintes, vos ressources et vos obligations.

 

Choisir un projet, allez au bout et passez au suivant

 

Alors oui c’est un peu difficile car cela nécessite de faire des choix, de renoncer temporairement à une partie de ses envies mais surtout de faire le deuil de son sentiment de toute-puissance. Mais pour m’être prise moi-même pour Thor ces dernières années et m’être cru capable de devenir entrepreneure/comédienne/coach/Beyoncé/Hannah Bronfman en même temps et en moins d’un an, ce n’est qu’en ayant accepté de faire des choix que les vrais résultats sont apparus. Car ce n’est qu’en étant pleinement conscient de ses limites que l’on peut s’en affranchir.

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