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J’arrive pas à croire que je suis en train d’écrire cet article. J’avais créé un document sur Google Doc en écrivant seulement le titre “J’ai arrêté Facebook, Instagram et Netflix pendant un mois” en me tapant une barre tellement cette phrase me paraissait absurde.

Mais pour le bien de mon cerveau et de ma formation en ligne que je procrastinais depuis deux ans,  je me suis mise au défi de tout couper pendant un mois. L’objectif ? Voir s’il existait toujours une vie en dehors des réseaux sociaux et si mon niveau de concentration des années 2000 était quelque part dans la stratosphère…

Petit florilège de ce que j’ai appris de ces deux mois socialmedia-free.

J’étais une accro des réseaux sociaux en plein déni

 

Pourtant, je ne faisais pas partie des plus accros. J’avais déjà des envies de meurtre contre mon père qui regarde des vidéos de chiens sur Facebook quand on est à table et mon mec qui utilise ‘Ok Google’ pour faire cuire des pâtes. Ou encore ma meilleure pote qui est tellement absorbée dans ses stories Insta qu’elle me répondait ‘oui, oui’ quand je lui disais qu’elle avait vraiment une tête de cul pour vérifier si elle m’écoutait.

Mais même si je mettais un point d’honneur à faire comme si tout était sous contrôle en public, ma relation aux réseaux sociaux une fois seule devenait vraiment wild. 20 minutes de scrolling au réveil pour voir comment allaient Ariana Grande et Kylie Jenner. 40 pauses Instagram dans la journée dès que je ne savais plus quoi faire. 2 heures de Netflix le soir. Sans compter les appuis compulsifs sur l’icône Facebook pour regarder rien pendant 30 minutes…

Je me rends compte aujourd’hui que ma vie tournait autour du trou noir d’Internet et de ses algorithmes.

 

Je me suis rendue compte qu’il ne se passait rien sur les réseaux sociaux

 

J’ai aussi compris qu’arrêter les réseaux sociaux était considéré dans la tête de beaucoup de gens comme un suicide social. Car si j’ai beau avoir été très encouragée, toutes les personnes m’ayant confié qu’elles rêveraient aussi de se déconnecter se ravisaient. Et le top 3 des excuses étaient “qu’elles ne pourraient jamais”, “qu’elles en avaient trop besoin pour leur travail” ou “qu’elles ne pouvaient pas se permettre de louper une opportunité”.

Mais la réalité, c’est qu’il ne se passe absolument rien sur les réseaux ! Et c’est d’ailleurs ce qui m’a le plus choqué en retournant sur Facebook. J’avais plus de 150 notifications dont 149 qui ne m’intéressaient absolument pas. Que des invitations à liker une nouvelle page de location de vélos électriques de la tante d’une pote, ou des vidéo de mon 6ème amiversaire avec mec avec qui j’avais fait un travail de groupe une fois en première année d’école…

Une chose est sûre c’est que je n’ai rien raté. Ceux qui voulaient vraiment travailler avec moi m’ont écrit par mail. Oprah ne m’a pas contacté pour proposer une opportunité à ne pas manquer. Et je ne suis pas non plus morte de solitude…

J’ai repris confiance en moi

 

Arrêter Instagram m’a aussi permis de recentrer mon attention sur mon travail et mes envies. Parce que plus je m’abreuvais le cerveau de booties en maillot de bain, d’entrepreneuses qui lèvent des millions de dollars et de meufs qui vivent de free-lance et de margaritas, plus je me comparais et avais l’impression d’être une bouse en perdition.

Et quand vous arrêtez de rythmer vos journées autour des jus de céleri d’Hannah Bronfman et des sacs plastiques ramassés par Laury Thilleman, vous vous retrouvez d’abord face à une sorte de vide interstellaire un peu inconfortable. Et ce, parce que votre moyen numéro 1 de combler l’ennui et de vous anesthésier de votre propre vie n’est plus disponible. Mais alors que vous luttez contre les premières sensations de manque et les mouvements compulsifs de votre bras pour attraper votre téléphone, une sensation d’apaisement digne d’un marathon de Yoga Bikram commence à prendre le dessus.

 

J’ai retrouvé mon cerveau

 

Plus de sollicitations, plus de compétition et surtout plus de comparaisons. Et si déjà c’est bénéfique pour votre santé mentale, c’est aussi la meilleure chose qui puissent arriver pour vos projets. Parce ce que vous retrouver avec vous-même sans distraction est le meilleur moyen de protéger votre travail et de lui donner une chance de mûrir et d’aboutir.

En fait, j’ai appris une chose très importante : c’est que les réseaux sociaux et la vraie vie ne sont pas du tout dans le même espace temps. Tout y est en avance rapide et en version condensée. Ca ne montre pas les phases de réflexion, de digestion, de maturation, de gestation et d’extériorisation qui représentent les fondations de tout processus créatif. Mais plus on scrolle, plus on se fait lobotomiser et plus c’est difficile de prendre le recul nécessaire pour comprendre que votre vie ne peut pas être vécue en mode avance rapide 3000.

3 Comments

  • Sarah dit :

    Oh mon dieu c’est tellement ça ! Je l’avais fait il y a quelques temps j’avais tenu plus d’un mois mais à chaque fois que je vais sur les réseaux sociaux la plupart de ce qui su trouve et inintéressant… tu as tout décris

  • Gaëlle Houdan dit :

    Génial! Tu m’as fait rire avec le passage sur Kylie Jenner, en vrai c’est clair qu’on s’en fout un peu de savoir comment elle va ou la couleur de son dernier maillot de bain…
    J’ai arrêté de poster sur Insta en novembre et j’ai supprimé l’appli, et ça me manque pas du tout!
    Je préfère prendre le temps de montrer mes photos de vacances aux gens et leur raconter en live le contexte plutôt que de poster et être contente de récolter quelques likes anonymes. Et puis c’est clair que c’est un peu nocif, moi je me retrouvais à suivre des comptes de maman parfaites parisiennes avec des décos de ouf. Je fermais l’appli et je regardais ma table basse IKEA noire dégueulasse en soupirant… N’importe quoi.
    La vraie vie se passe derrière les écrans!

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